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Un temps pour soi : comment dire non…

Peur du conflit, de décevoir, de se faire mal voir ou renvoyer : des sentiments qui nous poussent parfois à dire oui lorsqu’on voudrait dire non.

Apprendre à dire non est un sujet qui est revenu plusieurs fois dans vos suggestions ; j’ai dû assimiler plusieurs méthodes et faire de gros efforts pour me sentir confiante dans les refus.

Voyons aujourd’hui les pistes et techniques qui pourront vous aider à dire non “avec grâce et fermeté” au travail, avec vos proches et dans la vie en général.


 

Si le “non” a mauvaise presse, c’est que notre société nous apprend à faire passer les besoins et le bien-être des autres avant les nôtres.

Mais dire “non”, ce n’est pas devenir une personne désagréable qui refuse sèchement toute proposition.

Dire “non”, c’est se dire “oui”. Oui à ses besoins, oui à ses valeurs, oui à ses priorités, oui à son intuition.

Sachez avec précision et fermeté ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas dans votre vie. Il faut avoir le courage de dire non en souriant et sans s’excuser.

Dominique Loreau, L’art de la simplicité


Quand dire non ?

La première chose est de suivre son intuition (soit notre cerveau qui nous fait passer un message en un éclair). Dire non si on a un doute, que ce soit pour une soirée (“je ne la sens pas”, “je me sens fatigué·e”, …), pour une proposition qui semble bizarre ou au travail (“est-ce que mon planning le permet ?”, “est-ce bien à moi de faire ça ?”).

Dire non permet également de poser les limites de ce qui est acceptable pour vous. Dire oui systématiquement pour faire plaisir, éviter un conflit ou être sympathique aboutit à oublier ce qui compte pour nous et nos priorités. Au travail, cela peut se traduire par la non-atteinte de ses objectifs : dans ce cas, dire oui est plus dangereux pour son emploi que de dire non…

Enfin, dire non quand une personne outrepasse nos limites : l’harmonie à tout prix vient avec un coût pour notre santé mentale, par exemple quand on dit oui pour éviter une réaction négative. L’autre est responsable de sa réaction : essayer de l’anticiper nous déconnecte du moment présent et de nous-même, sans pour autant garantir de résultat.

Quand on évite le conflit externe, on crée plus de conflit interne.

Nancy Levin, coach spécialisée dans l’affirmation de soi


Et en cas d’urgence ?

Si l’urgence vient d’une autre personne, elle n’est pas votre urgence (une demande permet à l’autre de répondre à ses besoins de soutien, de délégation, etc.). Prenez le temps de voir si sa demande ne met pas en danger vos propres besoins avant de répondre.

Si l’urgence vous concerne directement, vous aurez peut-être à vous dire non si l’urgent passe systématiquement avant l’important. L’important se préserve en lui réservant des places dans l’agenda, des rendez-vous avec soi ou les autres.

Comment distinguer l’urgent de l’important ? L’urgent, c’est de répondre à un message, faire les courses, etc. L’important, c’est passer du temps avec des être chers, atteindre ses objectifs à long terme, prendre soin de soi, …

Pour vous aider, vous pouvez vous demander ce qu’il se passera de pire si vous ne répondez pas/ne réalisez pas la chose urgente dans l’immédiat. Prendre du recul pour ne pas toujours faire passer l’urgent au détriment de l’important vous permettra de ne pas avoir la fameuse impression d’être pris au piège dans une roue de rongeur.

Comment dire non ?

Comment ne pas passer pour une personne caractérielle ? Il est possible de dire non avec gratitude, courtoisie et fermeté sans chercher à se justifier ou à s’excuser :

“Je te remercie pour la proposition (ou l’opportunité, le fait d’avoir pensé à moi), j’aurais vraiment aimé accepter (ou participer, venir, …) mais je dois décliner car je ne suis pas disponible.”

Et en cas d’urgence ?

Si une ou plusieurs personne(s) tentent de vous mettre sous pression, en demandant une réponse immédiate devant votre bureau par exemple, vous pouvez essayer de temporiser pour vous laisser le temps pour réfléchir, même 5 minutes pour regarder votre planning.

Vous retrouvez votre espace personnel pour respirer et prendre une décision.

“J’ai besoin de temps pour réfléchir”, “Je dois répondre à un message urgent, je te réponds après”, “Je regarde mon planning et je reviens vers toi”

Et pour dire non à une situation en général ?

Nous parlions de poser des limites pour respecter vos besoins. Une des solutions peut être de nommer ce qu’on va cesser de tolérer et ce qu’il se passera si la situation se reproduit. C’est difficile et il faut tenir sa position sur le long terme pour que la personne ne cesse de dépasser les limites. Commencer par parler à la première personne (éviter le “tu…” accusateur) et proposer une solution permettra de mieux faire passer le message.

“Je me sens […] quand tu […]. Pour prendre soin de moi/respecter mes besoins, je ferai […] la prochaine fois que cela se produit.”

Un exemple donné par Nancy Levin : ” je me sens effrayée quand tu te mets à crier. Est-ce que tu accepterais d’en parler en thérapie ? La prochaine fois que nous parlons et que cela se produit, je devrais partir marcher un moment pour respirer. ”

À noter que je parle de situations qui ne vous mettent pas en danger. En cas de violence à l’intérieur du foyer, contactez le 3919 pour les violences aux femmes ou le 116 006 pour les victimes de violence. Plus d’informations sur la page du gouvernement dédiée.

Les alternatives au non

Il est aussi possible de transformer un non en “oui” pour vous donner progressivement confiance dans votre pratique !

Quelques exemples :

    • Oui, après… (ce que je suis en train de faire, une échéance, une date, …)
    • Oui, plus tard… (Chine Lanzmann dit l’appliquer avec succès avec ses enfants : s’ils reviennent à la charge, c’est que c’était important pour eux)
    • Oui, si… (tu me fournis tel document avant, si on décale l’échéance, si je suis en charge du projet)

Le mot de la fin

La confiance en soi est comme une muscle et les choix que nous faisons aujourd’hui déterminent notre futur. Dire non pour se dire oui, c’est rendre service à celle ou celui qu’on sera demain.

J’espère sincèrement que cet article vous aura été utile et vous invite à réagir dans les commentaire à propos de ce sujet délicat qui nous concernent tou·te·s.

À très vite,

Jennifer du repaire des brunettes

Sources de l’article : Guide de l’auto-coaching pour les femmes (Chine Lanzmann), L’Art de la simplicité (Dominique Loreau), La résilience, ça se cultive au quotidien (Brigitte Vaudolon et Emmanuelle Pioli), interview de Nancy Levin par Aileen/Lavendaire

PS : pour les livres, j’essaie de varier les sites sources en fonction de la disponibilité des ouvrages : librairies indépendantes, Fnac/Cultura et Amazon.

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